Ou pourquoi je préfère le stylo et le papier.
Sentir le papier glisser sous sa main
C’est une question toute simple qui fait pourtant débat chez les auteurs. Enfin « débat », j’exagère peut-être légèrement (complètement même), disons plutôt que les deux façons d’écrire ont chacune leurs partisans. Réglons la question tout de suite me concernant, ma balance penche plutôt du côté des cahiers, carnets et autres feuilles volantes. J’ai pratiqué les deux méthodes, sur papier et sur ordinateur, et c’est la première qui semble le mieux fonctionner pour moi. En effet, il n’y a pas de meilleur méthode à proprement parler, seulement une qui vous conviendra mieux que l’autre (ou peut-être serez-vous à l’aise avec les deux).
Pour ma part, écrire à la main me permet de laisser plus facilement libre cours à mon imagination. C’est presque une seconde nature que de retranscrire mes pensées à la main, j’aime écrire dans tous les sens du terme. Il s’agit là d’un probable héritage de mes années sur les bancs de la fac où la quasi totalité de mes travaux étaient rendus sur papier. Mis à part les examens oraux qui étaient préparés sur mon ordinateur, je passais le reste de mon temps à éplucher les livres poussiéreux de la B.U. avec mon stylo et mes feuilles ou à rédiger d’interminables dissertations sur des sujets dont personne n’a jamais entendu parler (passionnants nonobstant pour l’étudiante que j’étais).
Au-delà de cette habitude, j’ai toujours apprécié la beauté des lettres et la façon dont on les forme avec un stylo. J’y vois presque une forme d’art. L’écriture manuscrite est un reflet de notre personnalité selon certains et le support sur lequel on écrit est tel un reflet du soin que l’on apporte à notre propos. Les mots raturés, les phrases effacées, les lettres mal écrites : tout cela raconte une histoire, celle de cette fois où l’on a voulu raconter quelque chose mais où tout ne s’est pas passé comme prévu. Un fichier de traitement de texte n’a pas cette valeur. On n’y retrouve pas ce brouillon des pensées qui fusent à toute vitesse. Seulement le résultat (trop) propre de notre travail.
Si l’écriture avec crayon en main est plus naturelle dans mon cas, c’est aussi un problème dans certaines situations pour lesquelles un clavier d’ordinateur saura trouver solution.
Quand les idées vont trop vite
Avez-vous déjà entendu dire que les partitions de Mozart étaient recouvertes de tâches d’encre et de ratures ? Un jour, un historien en parlait dans un reportage et livrait au spectateur que le compositeur écrivait très vite, trop vite pour sa main et sa plume mais pas assez pour son cerveau qui turbinait à cent à l’heure.
Cela vous est peut-être déjà arrivé de vouloir écrire une idée fulgurante avant qu’elle ne quitte son nid ? Moi oui, très souvent. Malheureusement, le temps d’attraper un stylo et poser les mots sur papier, l’idée est parfois déjà loin de mon esprit. C’est assez frustrant de se dire qu’on ne la retrouvera probablement jamais. Dans ce cas précis, l’ordinateur gagne un point. Il est vrai qu’écrire sur un clavier, surtout lorsqu’on a une méthode de frappe nette, permet d’être plus rapide dans la pose et la formulation de ses phrases. Au détriment peut-être de la concentration. L’écran fatigue les yeux, l’accès aux distractions est bien plus aisé que lorsqu’on fait face à une feuille.
En bref, ce n’est pas la solution idéale pour mon cas mais elle me permet d’optimiser le flux de mes pensées qui peuvent des fois aller et venir rapidement sans avoir le temps d’en capter une seule.
Une forme d’héritage
En tant qu’auteur, j’aime cette idée de garder une trace tangible de mes travaux. Un fichier sur ordinateur peut, à mon sens, se perdre plus facilement qu’un classeur ou un cahier que l’on emportera et conservera partout avec nous, à travers toutes les époques de la vie. C’est aussi une forme d’héritage pour ceux qui voudront bien y prêter attention.
Un cahier, une feuille, une carnet, c’est une trace de l’auteur que nous étions. Un témoignage de la personne derrière le texte écrit noir sur blanc dans un livre.
